In Memorium: Taoufik Errais, l’inclassable regard

La Cinémathèque tunisienne a rendu hommage mardi soir à un cinéaste, tourné principalement vers le documentaire, qui a doté le cinéma tunisien d’un des plus beaux courts métrages de fiction. Ses points forts étaient son indépendance, son talent de photographe et de calligraphe et sa vision du monde fortement personnelle. Taoufik Erraies, dont le départ … L’article In Memorium: Taoufik Errais, l’inclassable regard est apparu en premier sur La Presse de Tunisie.

In Memorium: Taoufik Errais, l’inclassable regard

La Cinémathèque tunisienne a rendu hommage mardi soir à un cinéaste, tourné principalement vers le documentaire, qui a doté le cinéma tunisien d’un des plus beaux courts métrages de fiction.


Ses points forts étaient son indépendance, son talent de photographe et de calligraphe et sa vision du monde fortement personnelle. Taoufik Erraies, dont le départ prématuré a surpris la profession en 2016, a marqué le cinéma tunisien par une courte filmographie mais surtout par une approche particulière du cinéma.

La Cinémathèque tunisienne a rendu hommage mardi soir à Taoufik Errais, ce cinéaste, tourné principalement vers le documentaire, qui a doté le cinéma tunisien par un des plus beaux courts métrages de fiction.

L’Ile de Djerba, sa terre natale, lui a inspiré ses plus belles images, ses histoires et légendes, les contes des grands-mères qui fusionnent avec un espace étendu et vaste.

Le cinéma de Erraies est plutôt le regard du photographe qui sculpte l’image et celui du cinéaste qui la sublime, que l’approche anthropologique qu’affectionnent les documentaristes de sa génération. Djerba, dans ses films, était une révélation sous un nouveau point de vue.

Dans «Borgaa», réalisé en 1987, le mythe, la tradition et l’émancipation convergent dans une synergie novatrice pour l’époque, le film questionne un lieu, une vision du monde, une approche esthétique, «Jerba les 4 saisons» était un défi et un projet audacieux : filmer Djerba en quatre films à travers les quatre saisons. Le rythme des saisons qui ponctuent la vie, le rapport à l’espace et au temps sous le prisme d’une organisation sociale propre à la culture insulaire.

Avec «Sous le signe du poisson», Taoufik Erraies touche à l’onirisme, un film d’atmosphère avec une touche de sophistication. Il s’arrête sur les visages, les scrute, les décrit et, avec des regards et très peu de paroles, il installe lourdeur et angoisse. Le film « Sous le signe du poisson » est tel un rêve éveillé où l’axe du temps subit une torsion et révèle un autre visage du cinéaste.

Taoufik Erraies n’a pas pu continuer sa démarche à la fois esthétique et transgressive, il est resté dans l’histoire du cinéma tunisien comme un cinéaste inclassable, qui a choisi la marge pour tracer son propre chemin.  Une filmographie au rythme irrégulier, entrecoupée par des expériences diverses entre calligraphie et photographie. Il a tout de même suivi sa vocation comme il l’avait dessinée.

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